Emmanuel Macron : le renouveau politique – Interview de Dominique Villemot

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Dans le cadre de la campagne présidentielle, le Cercle Hébé est allé à la rencontre de Dominique Villemot associé fondateur du cabinet d’avocats Villemot Barthès & Associés et ami intime du Président François Hollande.

Cet Enarque de la fameuse promotion Voltaire avait publié « François Hollande : le courage de réformer » aux éditions Privat dressant un bilan positif de l’action du Président de la République avant que ce dernier ne renonce à se présenter à l’élection présidentielle en décembre dernier.

Dominique Villemot soutient désormais Emmanuel Macron dans la course à l’Elysée et fait partie de son Comité politique.

 

En Marche ! : un mouvement politique nouveau sur fond de désaccords au gouvernement

 

Quel est selon vous l’évènement déclencheur de la création du mouvement « En Marche ! » et la candidature d’Emmanuel Macron ?

Il y a un an, Emmanuel Macron venait de créer son mouvement. Il a démissionné fin août et s’est porté candidat à l’élection présidentielle mi-novembre. Début 2016, personne n’imaginait qu’il serait candidat, peut-être même pas lui. C’était un ministre populaire et rien de plus.

L’évènement déclencheur est sûrement le remaniement de février 2016. Manuel Valls alors premier ministre demande à rétrograder Emmanuel Macron de l’ordre protocolaire, le président accepte. A cette même période il a été décidé que la loi « Macron 2 » ou NOE (Nouvelles Opportunités Economiques) ne verrait finalement pas le jour. Ces évènements liés aux animosités entre Manuel Valls et son ministre ont été selon moi déterminant. Si Emmanuel Macron ne s’était pas senti humilié par la rétrogradation et s’était investi dans sa seconde loi, il n’aurait sans doute pas créé En Marche !.

On comprend alors que les ambitions présidentielles d’Emmanuel Macron ont été amplifiées par sa mésentente avec M. Valls. Comment expliquez-vous cette animosité entre les deux hommes ?

Valls faisait figure à Gauche de jeune réformateur et il a trouvé en son ministre de l’Economie quelqu’un de plus jeune et de plus réformateur. Par ailleurs, Macron a été poussé par d’excellents sondages bien que cela n’ait pas été le seul déclencheur.

Et comment cette ambition personnelle s’est-elle coordonnée avec l’indécision de François Hollande à se représenter ?

Il est en fait apparu petit à petit que le président ne pourrait pas se représenter. Sur fond de sondages défavorables, cela a commencé avec la déchéance de nationalité qui a vraiment cassé la dynamique enclenchée. Le président était tout de même redevenu populaire après le congrès du 16 novembre (suite aux attentats du 13 novembre 2015) et battait potentiellement Nicolas Sarkozy dans un second tour selon certains sondages. La polémique à néanmoins grandement dégradé l’image du président…

Peu de temps après, Manuel Valls part sur la loi travail, une loi très dure et on sent que François Hollande baisse encore dans les intentions de vote. Manuel Valls s’enferme et Emmanuel Macron avec sa bonne dynamique crée En Marche!, ce qui surprend tout le monde. Dès juillet quand il prononce les mots « jusqu’à la victoire » lors son meeting, tout le monde comprend qu’il veut y aller.

 

François Hollande, un président démocrate incompris et malchanceux?

 

Comment peut-on expliquer justement un tel désastre sur la loi travail ?

La loi travail est mal partie. Manuel Valls a laissé planer la menace du 49-3 dès le début et malgré la pratique courante du dialogue social en général respectée, ici, on a quasiment pris le texte du MEDEF. Même la CFDT a annoncé une journée de manifestation pour en obtenir le retrait. C’était tout de même moins dévastateur que la déchéance de nationalité qui reprenait certaines idées du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, des idées à la droite de la droite. Cette partie a choqué beaucoup de gens de Gauche et même plus largement.

Et pourtant l’idée dans le fond de la déchéance de nationalité n’était pas si neuve…

En pratique, cela ne visait que les criminels terroristes, assassins du Bataclan après 10 ans de procédure. Mais cela a beaucoup choqué dans les quartiers, dans les banlieues, alors que cette mesure n’aurait concerné quasiment personne. C’est une question de symbole, ce sont les valeurs de la gauche. En lançant cette petite phrase en novembre au congrès, il a été acclamé alors il s’est dit qu’il fallait y aller. Mais il n’a pas dit que cela serait dans la constitution, et juridiquement la déchéance existe pour ceux qui ont obtenu la nationalité française. Mais le Conseil d’Etat a alors pensé que le Conseil Constitutionnel considérerait que lorsque l’on naît français c’est un droit imprescriptible à la différence de la naturalisation. Par conséquent, le Conseil d’Etat a considéré que le texte serait jugé inconstitutionnel. Ainsi, la seule alternative était désormais d’intégrer la mesure dans la Constitution cela donnant une dimension symbolique et sensible à cette mesure. D’autant plus que ce n’était pas la même majorité qui était nécessaire. Alors malgré l’appui de Nicolas Sarkozy, la mesure n’est pas passé au sénat bloquée par les Fillonistes … après 3 mois de vives polémiques.

Malgré cela, le président ne pouvait-il pas remonter la pente et se présenter ? On a parlé d’un axe plus à gauche avec probablement Christiane Taubira, des thèmes rassembleurs…  

En juillet et septembre j’ai beaucoup travaillé pour la campagne du président avec Stéphane Le Foll et d’autres proches de la première heure. Nous préparions tout pour une campagne lors de la primaire car nous avions compris que François Hollande voulait y aller. Il tenait de très bons discours sur la République, sur la sécurité etc. La dynamique était bonne jusqu’à la sortie du livre « Un président ne devrait pas dire ça » qui a été une catastrophe médiatique. Même s’il était élogieux à certains égards pour le président de la république, beaucoup de phrases ont été sorties de leur contexte. L’important a donc été le titre de ce livre. C’est en plus très mal tombé : une bonne interview du président dans l’Obs est passée totalement inaperçue alors qu’il y posait les bases et axes de sa future campagne… C’est d’ailleurs une faute de la part des communicants de l’Elysée car l’information sur la sortie imminente du livre des journalistes du Monde était publique.

La primaire avait avancé le calendrier, se déclarer candidat en décembre était absurde car à partir du moment ou on se présente, on n’est plus président, c’était beaucoup trop tôt !

Il fallait trois choses pour qu’il puisse se représenter en février :

  • Que la primaire de la gauche échoue (assez rempli)
  • Que Macron échoue (pas rempli)
  • Que la popularité du président remonte significativement (pas assez)

Et comment analyser ce livre autrement que comme un suicide politique ? Vous qui connaissez François Hollande, comment expliquez-vous ce raté ? D’un point de vue extérieur, on a du mal à se dire qu’il n’avait pas prévu cet « incident ». Etait-ce un coup de com raté ? Un acte manqué pour ne pas y retourner car il ne voulait pas des primaires finalement ?

Non, il était déjà engagé dans les primaires ce n’était pas le problème. En réalité François Hollande s’était engagé dès les primaires de 2011 avec les journalistes pour la sortie du livre…

Peut-être leur a-t-il trop fait confiance ?

Début août, il a demandé le texte aux journalistes afin de pouvoir le relire mais il avait préalablement signé un contrat en 2011 s’engageant à ne pas relire ce qu’ils auraient écrit avant la publication. L’intention du Président était certainement d’avoir un ouvrage  récit de son quinquennat alors que les journalistes, eux, ont sans doute plus recherché un « buzz » médiatique.

François Hollande est très intelligent mais il a peut-être perdu un peu de recul vers la fin du quinquennat : il travaille énormément, peut-être même trop. Il est constamment dans ses notes, ses dossiers, ses fonctions. Cela lui a probablement fait perdre une certaine hauteur de vue voire une certaine lucidité. Je ne connaissais pas François Mitterrand personnellement mais tout le monde disait qu’il arrivait parfois à se couper de la politique le soir. Il discutait avec des amis, il lisait, etc. On en a besoin et je crains que François Hollande ne se soit fait absorbé par le travail lié à ses fonctions.

A-t-il espéré que ce livre l’aiderait à reconquérir le coeur des français ? Quoiqu’il en soit ce livre l’a fortement affaibli politiquement…

Et que penser de Manuel Valls qui se présente aux primaires ?

C’était vraiment le « putsch » des 15 derniers jours. François Hollande a alors pris une décision forte et unique : celle de ne pas se représenter. Quand il prend cette décision c’est une sorte de libération et il décide de se concentrer sur son héritage, sur ce qu’il restera dans plusieurs années.

Dans tous les cas, la primaire se serait transformée en véritable référendum contre lui, et il aurait sans-doute subi l’humiliation d’être battu. Ce coup de couteau de Manuel Vall aidé par Bartolone (ulcéré par les révélations du livre des journalistes du monde à son encontre) a achevé l’ambition du renouvellement chez François Hollande.

Outre ces différents éléments d’explication, cette situation difficile dans laquelle s’est retrouvé le président résulte selon moi d’une erreur commise dès la victoire à la primaire de 2011. Le fait de n’avoir pas participé plus activement à la composition de sa majorité. En 1980 la première réaction de François Mitterrand a été de mettre un homme à lui aux commandes du Parti. Jospin a fait la même chose avec François Hollande. Le président quand il a gagné la primaire, a laissé de façon surprenante le contrôle à Martine Aubry, y compris les investitures. François Fillon quand il a gagné la primaire de la droite et du centre a également repris en main le parti et les investitures. François Hollande a permis, à travers les investitures, les frondeurs et écologistes siéger au Parlement…

Mais n’a-t-il pas été justement élu pour ça ? Pour ne pas tenir sa majorité et adopter une pratique plus « démocratique » ?

C’est vrai. Mais plus largement, il n’a jamais attaqué ou critiqué les autres. C’était le seul à agir ainsi et c’est ce qui a d’ailleurs permis le rassemblement.

Cela dit, tout le monde aurait trouvé normal qu’il reprenne les investitures en main à la suite de sa victoire aux primaires en 2011. Par la suite, au moment du départ de Martine Aubry de la rue de Solférino, Harlem Désir arrive, rapidement remplacé par Cambadélis. A ce moment-là il aurait pu et du mettre un fidèle à cette fonction, à l’instar de Stéphane Le Foll. Jean-Christophe Cambadélis (même si il lui est resté loyal) a voulu ménager tout le monde y compris les frondeurs. Stéphane Le Foll aurait clairement refusé la primaire et fait face aux frondeurs.

 

Sur le plan économique le Président a fait le « sale boulot » !

 

Que restera-t-il selon vous du bilan de François Hollande ?

Incontestablement ce qu’il a fait en matière de sécurité et de défense nationale, contre le terrorisme. Et en dehors de la position sécuritaire, les interventions humanitaires (Centrafrique, Mali, Syrie).

Sur le plan économique, il a fait ce qu’il fallait faire : le « sale boulot ». Le pays est en train de remonter la pente :

  • On n’a jamais créé autant d’emplois depuis 10 ans
  • Le chômage est en baisse
  • La règle des 3% de déficit est respectée pour la première fois depuis 10 ans

Et ce alors qu’en 2012 la situation était dramatique, PSA au bord du dépôt de bilan, déficit public à plus de 5% qui dérape, chômage qui explose… Malgré ce que l’on dit les autres pays européens n’ont pas tous remonté la pente comme le fait la France. C’est le cas de l’Allemagne certes mais le Royaume-Uni par exemple n’a pas encore atteint son taux de chômage de 2007.

En ce qui concerne le retour de la croissance, la politique budgétaire de François Hollande a sans doute été au début assez restrictive ce qui a ralenti la perspective de croissance à ce moment-là.

Alors que la droite avait fait exploser le déficit budgétaire, la politique de François Hollande a dû se montrer rigoureuse mais celui qui arrivera à l’Elysée en 2017 pourra bénéficier d’une situation plus favorable.

Forcément quand on augmente les impôts, que l’on baisse la dépense publique, que la croissance baisse et que le chômage monte (début de quinquennat) on est peu populaire. On était dans une telle situation. Mais la France n’a pas eu à mettre en place des politiques d’austérité comme en Espagne, Grèce ou Portugal. Certes le chômage a atteint les 10%. Mais si l’Espagne a vu le sien diminuer, il est toujours à 17% ! Entre le laxisme de la droite et l’austérité de l’Europe du sud, nous avons choisi un compromis bénéfique pour le redressement économique de la France. Je suis certain que dans un ou deux ans après son départ de l’Elysée, les français porteront un regard plus juste sur l’action de François Hollande.

Le soutien à Emmanuel Macron pour changer les choses et éviter le populisme

 

Pourquoi avez-vous décidé de Rejoindre En Marche! ?

Je connais Emmanuel Macron depuis 2012 lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée puis ministre. Je fais partie de la gauche rocardiste, du centre gauche, de la gauche réformiste. A la primaire, je n’étais pas d’accord sur le plan idéologique avec Hamon et Montebourg et je considère qu’ils ont nui au quinquennat. Sur le plan sécuritaire je n’étais pas toujours en accord avec Manuel Valls. Pour l’économie j’en étais plus proche malgré une méthode différente. Mais ce qu’il a fait dans les 15 derniers jours précédant le renoncement du président n’était pas très élégant. J’ai aussi dit que je ne m’impliquerai pas dans la primaire, car on doit suivre le vainqueur et je ne le souhaitais pas. Dès début décembre j’ai donc annoncé soutenir Emmanuel Macron.

L’autre option était de faire comme Stéphane Le Foll par exemple, à savoir rester aux côtés du président. Toutefois, au vu du risque Fillon et Le Pen, j’ai décidé de m’engager.

Je reçois régulièrement le journal des anciens de Sciences Po. Un sondage très inquiétant m’a marqué : parmi les anciens de Sciences Po, 1% disaient voter FN contre 45% chez les ouvriers. Il ne faudrait pas que l’on en arrive à avoir un vote du peuple contre les autres. Le niveau d’instruction joue beaucoup. Il ne faudrait pas que les classes populaires votent Le Pen et les autres, ceux qui ont eu plus de chances « de réussir » votent autre chose.

Pourtant Emmanuel Macron essaie de parler aux classes populaires ?

Oui, ça marche plutôt bien mais tout de même ce qu’on voit dans ce sondage doit faire réfléchir. Pour une bonne partie des français, l’Europe c’est des emplois qui partent. Leur expliquer que l’Europe peut être et doit être notre avenir n’est pas simple. Même si nous avons la raison de notre côté.

Depuis 2008 les inégalités territoriales sont très élevées. La crise financière a laissé des traces qui commencent à s’effacer mais plus rapidement à Paris et dans les grandes métropoles. Dans les villages, quand les entreprises, les écoles, le bistrot et la poste ferment, il n’y a plus rien. Et il faut comprendre et parler à cette frange de la population. Marine Le Pen l’a bien compris et applique un discours social très à gauche à la différence de son père. C’est un danger qu’il faut combattre. Mais proposer aussi plus de justice notamment dans la formation qui est très inégalitaire en France, et pas des mesures comme la taxation des robots proposée par Benoît Hamon ou du populisme proposé par Marine Le Pen.

Emmanuel Macron n’a-t-il pas quelque chose d’un personnage qui fédère comme Nicolas Sarkozy en 2007, qu’on n’a pas eu en 2012 ?

Je pense plutôt qu’il a bien senti qu’on a un rejet des partis politiques traditionnels, un peu comme en 1958 (circonstances différentes). Les gens ont besoin de nouvelles pratiques politiques. Ils votent soit Le Pen, soit s’abstiennent. Maintenant on a Emmanuel Macron pour changer les choses, c’est un peu comme en 1958 pour éviter le populisme.

 Comment gouverner la France, assez monarchique, avec des traditions assez partisanes, sans la culture du consensus ni du compromis, comme dans certains pays européens, avec une majorité solide quand on a un mouvement qui existe depuis 1 an ?

Il y a deux sujets : la France est monarchique et pas habituée au consensus. D’ailleurs, François Hollande n’est pas un monarque, il est très démocrate.

On se réfère parfois au modèle allemand mais en Allemagne, on passe son temps à négocier, Merkel n’a pas tant de pouvoir que cela. Hollande a voulu faire la même chose mais les français sont monarchistes. Emmanuel Macron lui est un plus un monarque, tout est centralisé sur lui dans l’équipe de campagne. Il le dit clairement, il choisira les ministres et si ça ne marche pas en 6 mois il les remplacera. Il fera signer une charte aux députés qui s’engageront sur le plan moral à voter les textes. Un engagement moral et politique, pas juridique. Il ne veut pas reproduire les erreurs de François Hollande sur les 3 textes importants qu’ont été la loi sur le mariage pour tous, la loi travail et la loi Macron qui ont été trop discutées, ce qui a couté au quinquennat.

Pour ce qui est de la majorité, il y aura un candidat En Marche ! dans chaque circonscription. Les français ont toujours donné une majorité au président. En 1958, le parti gaulliste était très minoritaire. Puis en 1962 la majorité lâche Pompidou et le renverse. De Gaulle dissout l’assemblée nationale et tous ceux présentés avec l’étiquette gaulliste ont été élus tandis que les autres candidats des partis traditionnels ont été balayés. Je suis certain que si Emmanuel Macron est élu 150 à 200 députés En Marche! le seront par la suite. Pas forcément la majorité absolue, mais il faudra dans ce cas composer avec d’autres forces politiques qui se retrouvent dans le projet présidentiel.

Quel serait le rôle de François Hollande dans la campagne ?

C’est compliqué. Il fait passer plusieurs messages contre le nationalisme. Je ne sais pas trop, je pense qu’il soutiendra Emmanuel Macron. Il vient de lancer un message fort sur l’Europe à 2 vitesses, ce avec quoi Macron est d’accord. Mais sur ce point il y a un consensus droite-gauche, qu’il faut plus d’intégration avec ceux qui le veulent.

Quel est le vôtre dans un quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Je n’ai pas d’avenir en politique (rires). Je suis au Comité politique où l’on se réunit toutes les semaines autour d’Emmanuel Macron ou de Richard Ferrand quand Emmanuel Macron n’est pas là. Nous sommes entre 40 et 50 personnes et prenons environ 2h pour parler de l’actualité. Il y a plein de jeunes qui manient par ailleurs très bien les réseaux sociaux, et passent leur temps sur twitter et Facebook. Ils visent les jeunes qui s’y retrouvent. Ils vont aller voter massivement Macron

Je participe pour ma part à tout le travail sur le plan fiscal du programme. Je ne veux être ni député, ni ministre.

 


Interview réalisée par Rodrigue Tchouale (Directeur de rédaction et de publication) et Paul-Gydéon Ritvo (Membre de la rédaction) 

 

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