Un moment nouveau !

Au lendemain des élections régionales, L’Hébé donne la parole à de jeunes militants de droite et de gauche afin qu’ils nous livrent les leçons qu’ils tirent du scrutin .

Amin Mbarki, Candidat aux élections régionales en Ile de France, secrétaire fédéral du PS de Seine Saint Denis et responsable adjoint du PS Montreuil  nous livre son analyse dans cette tribune.

Dimanche 13 décembre, lors du second tour des élections régionales, la liste conduite par Claude Bartolone est arrivée en seconde position, un point derrière celle conduite par Valérie Pecresse, candidate de la droite. A mon sens, il est normal qu’après 17 ans de gouvernance par la Gauche, les habitant(e)s souhaitent une forme de changement. Jean Paul Huchon a dirigé l’Ile de France depuis 1998.

Notre bilan en Ile de France

La Gauche a indéniablement un bilan dont elle peut être fière. Alors qu’avant 1998 on ne parlait de la région Ile de France que pour évoquer les ennuis judiciaires et les règlements de comptes politiques, la Gauche a fait de l’exemplarité la matrice de sa politique. Région en difficulté économique à l’aube du 21ème siècle, Jean Paul Huchon aura réussi à faire rentrer la région capitale dans une nouvelle ère, en faisant d’elle la première région d’Europe en matière économique. Les transports ont été considérablement développés, renforcés, améliorés : les métros ont été automatisés en partie, 8 lignes de tramway ont été inaugurés, le Grand Paris Express est bien lancé et le pouvoir d’achat amélioré pour des centaines de milliers d’habitants grâce au Pass Navigo unique. Il ne s’agit pas de dire que tout va pour le mieux : retards, perturbations…Mais les avancées réalisées pendant ces années sont sans nul autre pareil dans l’histoire de notre région. Les budgets de l’apprentissage et de la formation ont été considérablement augmentés. Enfin, pour la jeunesse, 400 millions d’euros par an y sont été consacrés, et depuis 98, 220 ont été construits.

Cette politique, qui vise au fond à réduire les fractures territoriales entre les habitants de notre grande région, parait donc menacée par l’ambition différente de celle qui vient de remporter les élections. C’est en cela que cette défaite est difficile.

J’étais moi-même candidat sur la liste de Claude Bartolone dans la ville de Montreuil, que je représentais. Cette ville doit beaucoup à une politique volontariste de la Région qui a fait de la réduction des inégalités le vecteur de sa politique. Inégalités économiques, en améliorant le pouvoir d’achat de milliers de montreuillois (150€ en moyenne par mois !) grâce au Pass Navigo unique. Inégalités sociales, en investissant 50 millions d’euros pour rénover et améliorer la qualité des infrastructures dans les 3 lycées de la ville. Inégalités territoriales, en finançant la prolongation des métros 11 (en cours) et 1 (en phase finale de concertation) qui auront un impact majeur sur les territoires trop éloignés des transports.

La droite, à de nombreuses reprises, s’est opposée à certains projets. L’arrivée de Valérie Pecresse à la tête de la Région peut donc potentiellement avoir un impact direct et immédiat pour ceux qui attendent depuis maintenant plus de 20 ans ces prolongations…Peut être que les montreuillois le savaient : Claude Bartolone obtient son meilleur score de toute la Région, avec 70% des voix.

Apporter un souffle nouveau

Il ne s’agit pas de dire pourtant que la Gauche est exempte de toute critique. Nous avons perdu, et il y a bien sur des raisons. A chaud, difficile de les connaitre précisément. La campagne fut, à mon sens, très bien menée, avec des militants exemplaires et un accueil favorable. Peut-être n’avons-nous pas assez parlé de notre bilan ? Peut-être que Claude Bartolone n’a pas eu assez de temps pour faire un travail de terrain approfondi (il a annoncé sa candidature en mai 2015, alors que Valérie Pecresse est en réalité en campagne depuis 5 ans).

La Gauche devra donc comprendre et apporter un souffle nouveau. Déjà, Claude Bartolone avait le souci de mettre en avant des jeunes. Cela a un impact auprès des habitants, qui regardent plus qu’on ne le croit ceux qui constituent les listes de chaque candidat. Nous devrons aller plus loin. Il est dommage que la droite ait choisi de porter des cumulards au Conseil Régional (en Seine Saint Denis par exemple, dans les 10 premières places de la liste de dla droite, 5 étaient des maires. A Gauche, aucun cumulard, pas même maire-adjoint).

Je souhaite bien sur bonne chance à Valérie Pecresse. Elle a décidé de démissionner de son mandat de député. C’est une bonne chose. Mais si elle met en œuvre son programme ou si elle souhaite bloquer, par principe, tous les projets en cours portés auparavant par la Gauche, de difficiles années attendent des territoires où la présence de la Région reste nécessaire et indispensable.

A la jeunesse, de Gauche et d’ailleurs, de se saisir de ce moment nouveau pour porter des idées qui tranchent réellement. Dans l’intérêt de tous.

Amin

Amin Mbarki, Candidat aux élections régionales en Ile de France, secrétaire fédéral du PS de Seine Saint Denis et responsable adjoint du PS Montreuil 

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