Le visage de la France

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« Malgré les larmes, cette génération est aujourd’hui devenue le visage de la France« .

Cette formule prononcée par le Président de la République lors de la cérémonie d’hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre, loin de n’être qu’une figure allégorique de circonstance, est et doit rester, une réalité qui nous engage.

En sommes-nous vraiment dignes ?

La question est importante car c’est bien de notre avenir – celui d’une génération endeuillée et marquée à jamais par une violence inédite à ses yeux – que dépend celui de la France.

Notre niveau de formation et d’emploi, notre capacité à innover, entreprendre, à « réenchanter le rêve français » détermineront l’état du pays dans quelques années. Notre attachement aux valeurs républicaines et notre aptitude à donner sens au projet européen définiront le rôle que jouera la France dans l’Europe et le monde du 21ème siècle.

Oui, les défis sont multiples

Force est de constater que notre génération, souvent présentée comme sacrifiée, reste confrontée à de nombreux obstacles. Nous portons encore les stigmates de la crise de la fin des années 2000 qui font ressortir toutes les fractures et maux dont souffre notre pays.

Notre visage, dont parle François Hollande, c’est près d’un quart des jeunes actifs de moins de 25 ans au chômage et près de 7 jeunes sur 10 de 18-30 ans qui peinent à se loger.

Notre visage, c’est 110.000 jeunes sortant du système de formation initiale sans diplôme et 494.000 décrochant du système éducatif sans diplôme du second cycle du secondaire et sans formation.

Notre visage, c’est également de fortes inégalités entre les jeunes au fil des trajectoires, parcours scolaires et de l’accès à l’emploi selon leur origine sociale, territoriale, leur diplôme ou leur environnement.

Cette dure réalité est évidemment accablante, mais à quoi servirait de se considérer comme de simples victimes n’ayant aucun contrôle sur leur destinée ?

Certes les responsables publics, les entreprises, la société civile et toutes les forces vives du pays doivent prendre leur responsabilité. Agir avec détermination pour améliorer la condition de la jeunesse française ce n’est pas du « jeunisme » ou une quête purement générationnelle : c’est l’intérêt national. Mais qui mieux que notre génération elle même devrait se sentir concerné ?

Une question de confiance

Nous, « enfants du millénaire », réinventons déjà, les modèles existants.

Dans un contexte de profonde mutation liée à la révolution digitale, nous détenons les clés du monde de demain. Il est donc nécessaire que notre jeunesse prenne la pleine mesure de sa responsabilité historique et du rôle déterminant qu’elle doit jouer au sein de la société. Qu’elle ait confiance dans son potentiel et sa capacité réelle à inventer l’avenir.

Car notre visage, c’est aussi 50% des 18-24 ans qui veulent créer leur propre entreprise et déjà un quart des créateurs d’entreprises en 2014 âgés de moins de 30 ans.

C’est des startups françaises en forte croissance ayant augmenté leur chiffre d’affaires de 37% en moyenne depuis l’année dernière, qui embauchent et innovent de plus en plus.

Notre visage, c’est une génération beaucoup plus mobile sur le marché du travail que la précédente et donc plus apte à faire face aux évolutions induites par l’économie numérique et la mondialisation.

Notre visage, c’est également une volonté de repenser un monde plus juste visant plus d’équité sociale et un meilleur équilibre environnemental. Une volonté qui repose sur l’idée que l’utopie est l’irréalisé et non l’irréalisable, et l’impossible n’est « qu’un possible » encore inexploré.

Tout ce qui arrive n’est pas notre faute, mais c’est notre problème.

Mais croire en nous n’implique pas que nous devions agir sans les instances et les bonnes volontés en place, au contraire. Nous devons unir nos forces à condition qu’une place suffisante dans les processus de décision nous soit accordée, afin que nous soyons le moteur dynamique dont notre pays a besoin.

Tout d’abord, nous devons comprendre les points de blocages et instaurer un dialogue. C’est pourquoi au Cercle Hébé nous invitons régulièrement les politiques et autres responsables publics à venir discuter avec nous, sans langue de bois.

Ensuite, il nous faut promouvoir cet esprit d’audace, d’initiative et d’entreprise au sein de la jeunesse. Le Fonds Hébé qui accompagne bénévolement de jeunes startups et le Magazine L’Hébé qui met en avant les différentes initiatives et réflexions de notre génération, participent à cet esprit.

Enfin, il nous faudra faire des propositions concrètes. Notre objectif est de formuler une vingtaine de mesures efficaces courant 2016 que nous soumettrons directement aux responsables politiques.

Voilà comment le Cercle Hébé s’engage avec volontarisme et optimisme dans ce mouvement inédit. Certes il faudra bien plus que des vœux pieux pour améliorer significativement la condition de la jeunesse française. Mais le pire serait de ne pas agir.

Et vous ? Qu’attendez-vous pour nous rejoindre ?

 

Rodrigue Tchouale
Co-fondateur du Cercle Hébé
Directeur de rédaction et de publication

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